(Proverbe turc)
Un dernier festin avant que la guillotine ne tombe.
Bienvenue dans une orgie mêlant opulence démesurée et angoisse latente. À la veille de la révolution, dans un bunker fortifié – à la fois palais et parc d’attractions –, deux personnages excentriques se préparent à une dernière ripaille. Dehors, la foule se rue contre les murs ; à l'intérieur, le vin coule à flots. Tout est en mouvement, rien ne reste immobile. La musique joue encore, mais, en contre-temps, le sol s'effondre déjà.
La metteuse en scène Lieselot Siddiki crée une performance sensorielle sur les héritiers de l'abondance et de la méfiance, qui s'enlisent dans un présent déformé. Sont-ils les despotes d’un ordre moribond ou des âmes égarées en proie à la désillusion ? La peur est leur moteur : peur de la contagion, du bruit, de la perte de la hiérarchie, du monde extérieur. Et de la peur naît la violence.
Ils dévorent des quantités copieuses, insatiables comme Gargantua. La faim et la soif deviennent des rituels. Ils se déguisent, jouent les dominateurs et les victimes, répètent l’histoire jusqu’à ce qu’elle devienne réalité. Ils sont à la fois repoussants et séduisants.
Entre les plats fumants résonnent des sonates de Wolfgang Amadeus Mozart : claires, enjouées, presque enfantines. La musique séduit et apaise, mais sous ces structures élégantes, l’agitation gronde. L’harmonie est défendue avec acharnement tandis que la dissonance se fait déjà sentir.
SCHWEINEREI fonctionne comme un carnaval : une suspension temporaire de l’ordre et des hiérarchies. Une fête débridée où l’on se déguise, où les rapports de force basculent et où les masques se soudent aux visages. Le paradis s’avère être une cage dorée, soigneusement mise en scène. Sous les perruques et la porcelaine, la paranoïa bouillonne.
Le texte est signé Barbi Marković, connue pour son style incisif, ludique et subversif. Avec une précision impitoyable, elle dissèque le mythe du pouvoir, oscille entre ironie et menace, et met à nu les fissures qui se cachent derrière les façades rutilantes.
SCHWEINEREI est un spectacle sur la fin d’un ordre mondial – et sur ce qui vient après. Un miroir de notre époque, où décadence et révolution s’entremêlent. Car que se passe-t-il lorsque l’excès devient incontrôlable ? Lorsque le paradis se révèle pourri de l’intérieur ? L’histoire nous l’enseigne : là où fleurit la décadence, la révolution frappe à la porte.
mise en scène
- Lieselot Siddiki
design
- Lieselot Siddiki
performance
- Lucas Van der Vegt
- Lucie Plasschaert
- Lieselot Siddiki
- Oscar Claus
tekstfragmenten
- Barbi Marković
dramaturgie
- Dries Douibi
musique
- Oscar Claus
- Wolfgang Amadeus Mozart
Geluidsontwerp en - techniek
- Oscar Claus
scénographie
- Eva Demulder
productie- en technische leiding
- Eva Bracke
bouw varken
- Karl Philips
- Stijn Brunon
construction de décor
- sidequest
lichtontwerp en -techniek
- Max Adams
FOH geluid
- Leander Couplez
costumes
- Aidan Abnet
assistance aux costumes
- Ines Naaraat
rekwisieten en pruiken
- Tibau Beirnaert
avec nos remerciements à
- Thomas Hoste
- decoratelier Toneelhuis
production
- LOUD muziektheater
coproduction
- VIERNULVIER
- Toneelhuis
- KVS
- De Brakke Grond
- detheatermaker
- Kunstenwerkplaats
- Perpodium
avec le soutien de
- de taxshelter van de Belgische Federale Overheid via uFund