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Benjamin Verdonck

Benjamin Verdonck (°1972) vit et travaille à Anvers. Il est homme de théâtre, plasticien et auteur, et exerce sa pratique artistique singulière aussi bien dans la salle de théâtre que hors les murs. Son œuvre se lit comme un flot incessant de spectacles, d’installations, d’actions, de théâtres de table et de tracts à l’accent récurrent : comment donner corps à l’absence de débat public sur les changements peu à peu inéluctables de notre écosystème ? Depuis 2006, il est artiste associé à la Toneelhuis.

L’œuvre théâtrale de Verdonck donne souvent un rôle principal aux « choses » – objets, formes, surfaces, collections de « trouvailles » – qu’il fait parler pour soi. C’est le cas, entre autres, dans wewilllivestorm (2006), DISISIT (2011), notallwhowanderarelost (2014), ou dans des collaborations comme Song#2 (avec Abke Haring, 2012), WE DON’T SPEAK TO BE UNDERSTOOD (avec Pieter Ampe, 2015), Wat ik graag zou zijn als ik niet was wat ik ben (avec Willy Thomas, 2017) et le récent AREN (2019).

Dans l’espace public, il s’est fait remarquer par des interventions et installations singulières comme Bara/ke (2000), Hirondelle / Dooi vogeltje / the Great swallow (un nid d’hirondelle grandeur nature à 32 mètres de hauteur contre la façade d’un bâtiment miroir à Bruxelles en 2004, à Birmingham en 2005 et à Rotterdam en 2008), Vogelenzangpark 17bis (Gand, 2012), BOOT (une exposition de 10 jours sur le toit d’un immeuble d’appartements à Szczecin en Pologne, 2012). Elles testent les possibilités théâtrales dans une situation urbaine éphémère pour ensuite leur insuffler en nouvelle vie en tant que récits. Lors du projet KALENDER, 365 jours d’action à Anvers en 2009, il a fait de l’espace public le centre de sa pratique artistique durant un an. KALENDER connaît ensuite un prolongement autonome aussi bien au musée (KALENDER/WIT) (2010) qu’au théâtre (KALENDER/ZWART) (2010). Entre-temps, d’autres œuvres sont exposées, entre autres, à WIELS, au M HKA et au S.M.A.K.

En 2010, Benjamin Vedonck obtient le Prix flamand de la Culture pour les Arts du Spectacle vivant 2009. La même année, avec son discours du State of the Union pour l’ouverture du Theaterfestival, une amorce pour le projet Handvest (2012), il exhorte tout le secteur des arts du spectacle vivant à accomplir collectivement cette œuvre au profit d’une « transition vers une durabilité équitable ».

La série des actions et d’interventions significatives qui suivent porte les traces de ce même motif : De finale (2015), nest (précédemment drek en veren, 2015) et de ruil (2015), 1000 bomen en granaten (2015), Het geheime experimentele observatorium voor wereldaangelegenheden (avec Maria Lucia Cruz Correia, 2016) et Friedmans potlood (en collaboration avec l’école primaire ’t Speelscholeke à Deurne, 2016), mais aussi Nocturama, l’installation d’un magasin ouvert la nuit qu’il crée en 2016 avec Thomas Verstraeten (FC Bergman) et l’installation mobile Gille leert lezen (2016). Parallèlement à cela, l’œuvre plastique de Verdonck apparaît dans des galeries comme, entre autres, Annie Gentils Gallery, Croxhapox, LLS387, Tim Van Laere Gallery et Galerie Florent Tossin (DE).

Dans le livre even i must understand it (2017), Benjamin Verdonck réunit ce cycle d’installations, d’actions, de théâtres de table et de tracts. La présentation du livre donne lieu à une lecture performance, Het houten ezeltje (2016), bientôt suivie de De jeugdherinnering (2017).

Avec one more thing (2014) Verdonck entame – en réaction à son œuvre à plus grande échelle dans l’espace public – une série de formes de théâtre plus petites et mobiles qui échappent aux attentes courantes du secteur concernant la production et la programmation, un exercice de simplification, d’apaisement et de retrait. Gille leert lezen (2016) est le deuxième de la série. Confectionnés à partir de matériaux élémentaires et d’une durée d’à peine un quart d’heure, ils sont destinés à être joués où cela s’y prête, en tout lieu, à tout moment, de préférence plusieurs à la fois. Le spectacle de pleine soirée Liedje voor Gigi (2018) est un développement de cette quête de boîtes à images et théâtres de table compacts. Pendant que Verdonck manipule de manière perceptible le regard du spectateur, se déploie sous les yeux de ce dernier un magnifique conte sur le temps qui passe, le monde qui nous entoure et ce que nous sommes capables d’y réaliser. À l’été 2018, dans le cadre du Boulevard Festival, a lieu la première de Waldeinsamkeit, une miniature baroque faite de lumière et d’obscurité et accompagnée d’une musique lancinante. Au Kunstfest Weimar a lieu la première de Circus Very Good.

Ce que toutes les œuvres de Verdonck ont en commun c’est qu’elles voient le jour dans son atelier. Avec AREN (janvier 2019), il tire une ligne ultime de son atelier à la scène. « Une ode à la beauté de petites et grandes choses autour de nous, aux idées visionnaires».

En février 2020 aura lieu la première de le tigre mange le zèbre et l’oiseau s’envole, effrayé « une boîte à images du monde entier, un planétarium insolite fait de ruban adhésif, de cordelettes et de carton ». Une nouvelle amorce d’inventoriage de la réalité dans toute sa complexité par « un créateur politique non contemporain pour qui il ne s’agit pas de tenter pour tenter, mais du devoir de s’exprimer, même quand on ne sait pas tout à fait comment. »

Au cours de la saison 2020-2021, et dans le cadre de son projet Wereldtournee in Antwerpen Benjamin Verdonck va arpenter les rues de la ville d’Anvers pendant un an et fera apparaître dans divers lieux, à diverses occasions et de manière inopinée des œuvres modulables et de petite envergure à l’image de leur créateur. Chemin faisant, Verdonck faite une halte au Bourla et y présente un programme de pleine soirée: Wereldtournee/ Tussenstop.

Productions de/avec ‘Benjamin Verdonck’