Benjamin Abel Meirhaeghe

Benjamin Abel Meirhaeghe

Benjamin Abel Meirhaeghe (°1995, Eine) est performeur, contre-ténor autodidacte et metteur en scène. Ces créations englobent le théâtre, la musique, la danse et les arts plastiques. Sa pratique se positionne face à de multiples traditions des arts du spectacle vivant, souvent l’opéra et le ballet, dans lesquelles il part en quête de nouvelles formes de collectivité.

Dans cette quête permanente, le futur et le passé se rencontrent au sein de communautés temporaires et sans frontières. Ainsi, on chante ensemble du Monteverdi autour d’un feu préhistorique, où des extra-terrestres exhument un répertoire du passé. Les spectacles de Meirhaeghe sont des happenings rétrofuturistes dans lesquels l’utopie ne se situe pas à une distance inaccessible, mais se manifeste ici et maintenant, de manière intime et vulnérable, dans un grand espace théâtral.

Pour Meirhaeghe, le théâtre est donc une chambre d’écho, un instrument de voyage dans le temps. Le performeur ou la performeuse y apparaît comme un archéologue venu·e du futur pour mettre au jour de nouvelles significations dans les décombres du passé. Son œuvre oscille entre nostalgie et désir d’avenir, et interroge notre rapport au patrimoine et au canon. Qu’est-ce qui demeure et qu’est-ce qui disparaît ?

Les spectacles de Meirhaeghe se déploient comme des rituels contemporains, des situations collectives dans lesquelles les corps, les voix et les images génèrent de nouveaux symboles. À l’instar des peintures rupestres de Lascaux, cette première tentative de comprendre et de représenter le monde, Meirhaeghe crée des symboles pour l’être humain d’aujourd’hui, à partir de la conviction que notre société a besoin de sens partagé. Dans ces constellations provisoires, performeur·euses et spectateur·rices construisent conjointement une autre manière de communiquer. Ils et elles pénètrent dans un monde possible et y exercent un avenir : non pas en le décrivant, mais en l’incarnant ensemble.

Les hiérarchies entre disciplines et performeur·euses perdent toute pertinence et sont effacées. Les chanteurs dansent, les danseurs chantent ; les codes techniques et esthétiques sont brisés. Le travail avec des performeur·euses aux parcours et aux pratiques variés lui permet de remettre en question les normes relatives à la virtuosité, à la formation et à l’intimité. Sa propre position de contre-ténor autodidacte fait partie intégrante de cette prise de position artistique et politique.

Enfin, l’œuvre de Meirhaeghe se caractérise par une signature visuelle forte et idiosyncrasique, dans laquelle la lumière, la scénographie, les arts plastiques, la fumée et les objets jouent des rôles au même titre que des acteur·rices à part entière. Ses spectacles s’apparentent à des installations vivantes : sensorielles, stratifiées et une réinvention de ce que peut être le théâtre. Qui découvre le travail de Meirhaeghe ou le rencontre en personne reconnaît ce même mouvement : un glissement constant entre monumentalité et douceur.


En 2020, il a créé A Revue à l’Opera Ballet Vlaanderen, un cabaret rétrofuturiste et queer dans lequel des extraterrestres déterrent les artefacts perdus de l’opéra. Ce spectacle stupéfiant sur le plan visuel a été sélectionné pour le TheaterFestival 2021.

En 2021, il a réalisé le concert rituel Spectacles, à la fois un spectacle et un album, qui réunit des rythmes implacables, des chansons d’amour languissantes, la fragile voix de fausset de Meirhaeghe et des influences jazzy et gospel. Avec le producteur Laurens Mariën et la danseuse Hanako Hayakawa, il a transformé ce concert en une expérience théâtrale.

Début 2022, il a créé Madrigals. Meirhaeghe a revisité les Madrigali guerrieri et amorosi de Claudio Monteverdi, des œuvres vocales impétueuses sur la guerre et l’amour, pour en faire un cri de liberté, animé par la pugnacité et la passion, qu’il a marié à la pop expérimentale de Jesse Kanda.

Depuis 2022, Benjamin Abel Meirhaeghe fait partie des créateurs attitrés de la Toneelhuis et assure, aux côtés de Lisaboa Houbrechts, Görges Ocloo, FC Bergman et Olympique Dramatique, la direction artistique de la Toneelhuis.

Sa première création pour la Toneelhuis était Ode to a Love Lost (2023). Ce spectacle, dont le point de départ repose sur une histoire d’amour personnelle de Meirhaeghe, se déroule dans le profond cratère d’un cœur.

À l’automne 2023, la Volksbühne de Berlin a invité Benjamin Abel Meirhaeghe à créer sa propre interprétation exubérante du récit de la Genèse : Death Drive – Everything everyone ever did.

Au début de l’année 2024, Meirhaeghe a créé à la Toneelhuis Shelly Shonk Fiffit : une réplique du télescope spatial James Webb, sur une composition musicale de Caterina Barbieri et une chorégraphie de mouvements picturaux.

Benjamin Abel Meirhaeghe, le compositeur et producteur Valgeir Sigurðsson et la violoniste Elisabeth Klinck forment ensemble le groupe Lewis. En octobre 2024, ils ont sorti leur premier album, Greetings.

Toujours en 2024, Johan Simons a invité Meirhaeghe à mettre en scène une pièce à la Schauspielhaus Bochum. Meirhaeghe y a répondu par Give Up, Old Ghosts!, une rencontre entre artistes de générations et horizons différents qui s’articule atour du Requiem de Mozart.

Au printemps 2025, Benjamin Abel Meirhaeghe a créé Mantike à la Toneelhuis : un monologue visuel, écrit par Louise Van den Eede et interprété par Marjan De Schutter, à propos de l’art du présage à la lumière de l’apocalypse imminente.

Au cours de la saison 2025-2026, non moins de trois créations de Meirhaeghe figuraient au programme, chacune avec pour point de départ une composition musicale classique. Avec le compositeur Wouter Deltour, il a conçu Chapters of Celebration à DE SINGEL, un spectacle musical avec pour motif central l’un des plus anciens thèmes musicaux européens : La Folia.

Avec a rite of spring, sur une nouvelle composition envoûtante de Lander Gyselinck, Meirhaeghe porte une ode au classique Le Sacre du printemps et présente un compte rendu radical de sacrifices encore et toujours imposés aux femmes de nos jours. 

Et pour clore la série, Meirhaeghe devait présenter son remake pour la Toneelhuis de Give Up, Old Ghosts!, avec dans le rôle principal le Requiem inachevé de Mozart et la danse de Fumiyo Ikeda. Malheureusement, une blessure nous a obligés de reporter la première.

Airs to Ash, dont la première aura lieu à l’été 2027, soumet l’opéra, cette forme d’art si chère à Benjamin Abel Meirhaeghe, à une analyse rigoureuse. Quelle est à ce jour, après plus de quatre siècles d’histoire, la pertinence de l’opéra ? Ce genre est-il encore viable ? Airs to Ash réunit trois contre-ténors et autant de performeur·euses dans un collage de scènes consacrées à la voix.

Productions de/avec ‘Benjamin Abel Meirhaeghe’

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Kim Karssen / Benjamin Abel Meirhaeghe / De Warme Winkel / Nona / detheatermaker

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